Parfois on craque, parfois on crie, parfois on pleure… Puis un regain de motivation nous laisse penser qu’on va se reprendre, réussir à gérer, à surmonter cette épreuve. Jusqu’au prochain craquage. Au tout début de notre épopée vers l’éducation de nos enfants, on découvre, on apprivoise, on réagit sur l’instant, on fait avec nos propres moyens du bord, avec ce qui vient spontanément, naturellement. Parce que c’est comme ça qu’on a été élevé, et aussi parce que ça n’a jamais fait de mal à personne d’être éduqué à l’ancienne, tout en respectant des règles universelles strictes. Et puis un jour, face à certains comportements de nos enfants, aux nôtres en réponses, on est démuni, on est submergé, notre corps réagit, comme s’il se souvenait d’une ancienne blessure, d’une émotion refaisant surface d’un monde enfantin oublié. Certains s’interrogent, d’autres occultent. L’un se met à culpabiliser, l’autre se rigidifie. La communication s’appauvrit, les relations se tendent. La bulle familiale idéalisée vacille…

Ce préambule raconte l’expérience de quelques uns d’entres nous, à la recherche d’une respiration pour rétablir l’équilibre familial. Sans forcément partager ces mots (maux), des parents ont besoin de passer le relai, de rétablir un échange, trouver une autre façon de faire avec leurs enfants. Pour avoir écouté ses histoires et aussi vécu un peu tout ça, j’ai exploré le monde complexe de l’approche éducative, l’éducation bienveillante, la parentalité, le dialogue enfantin, la régulation émotionnelle dans la famille, les attachements précoces… Et je me suis laissée embarquée par des méthodes, des auteurs, des professionnels de l’enfance, la psychologie, des parents auto-didactes.

A commencer par Adèle Faber et Elaine Mazlish, deux mamans universitaires américaines qui proposent une nouvelle manière de communiquer entre adultes et enfants. Un regard bienveillant, basée sur l’écoute active, l’empathie, le respect mutuel pour mieux gérer les difficultés du quotidien…

Faber et MazlishQuelques habiletés du dialogue selon Faber et Mazlish (source des pros de la petite enfance)

• Complimenter
 Encourager l’autonomie
•  Remplacer la punition
•  Susciter sa coopération en décrivant le problème
•  Aider l’enfant à gérer ses émotions

Retrouvez le détail de ces habilités de parentalité positive sur le site des pros de la petite enfance.

Du point de vue de la régulation émotionnelle et comportementale, j’ai pu observer l’impact de la pleine conscience et la sophrologie sur les enfants. La pratique acquise en séance individuelle ou en groupe permet à chaque enfant de se doter d’outils intelligents pour explorer son monde intérieur, apprendre à gérer ses émotions, ou encore maitriser son impulsivité. L’approche de pleine conscience, de respiration, une fois acquise pourra être appliquée par l’enfant à tout moment de sa vie, jusque dans sa vie d’adulte.

Le champs des neurosciences affectives a également largement influencé mes lectures et formations à la parentalité positive et bienveillante. Les recherches dans ce domaine ont pu mettre en lumière la corrélation entre cerveau et émotions, prouvant que la bienveillance et l’empathie jouaient un rôle majeur dans le développement et les capacités d’apprentissage de l’enfant.

Des auteurs ont également observé un lien entre l’auto-régulation des émotions de l’enfant et ses expériences précoces d’attachement à ses parents. La manière dont les parents s’accordent à l’enfant dans ces premiers besoins aura des conséquences. Ainsi, la présence de traumatismes non résolus chez le parent peut avoir des conséquences sur l’enfant qui sera dans l’Agir, présentera des symptômes, etc. Le livre sur l’intégration du cycle de vie (ICV) auprès des enfants, adolescents et parents permet d’apporter un éclairage pratique et clinique sur les notions d’attachement, de développement cérébral co-régulation des émotions et du système familial.